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26 août 2005

Petites vitrioleries entre amis

j'ai reviendu de vacances !! et je récupere mon mac ce lundi !
pour l'instant je rame avec mon vieux pc sous linux Mepis. ce qui ne m'empeche pas d'écrire.
pendant les ouacances, je me suis livré à mon jeux favori, contempler les contemporains. j'adore. bien que ne prétendant pas faire de la psychologie comportementale, je trouve qu'il est amusant de voir les gens paraitre ce qu'ils aimeraient etre, et non pas ce qu'ils cachent desesperement. allez, une petite galerie de portraits du camping à l'hypermarché, avec un point souvent commun, le short ridicule :
le marchand forain, avec son ami le routier. le premier, t-shirt kaki, avec le short en toile raide qui essaye peniblement de soutenir une brioche de bon aloi sur laquelle s'étalent les taches du repas d'hier, tire sur un eternel mégot de cigare dont la fumée acre se mele aux effluves entêtantes de sardines grillées du barbecue d'à coté. son compere, t-shirt noir délavé sur short court, noir et flottant, laisse aparaitre une toison virile entrecoupée de quelques tatouages mystiques à caractere informatif. les deux comperes jouent à la pétanque en faisant claquer les boules, comme pour signifier à la gente féminine environnante que leurs couilles sont en béton. la femme du premier entretien des rondeurs adipeuses entre lesquelles perlent quelques gouttes de sueur fétides.
ah! voici la minette macdonaldisée. le pantacourt par les deux bouts et le t-shirt rose fluo n'arrivent pas à communiquer, et les bourrelets compressés crient leur indignation en laissant exploser de colere les vergetures d'une cellulite naissante.
à la soirée moules frites, arrive la mal-baisée/blasée, les traits du visage vers le bas cherchant desesperant un passé perdu, en disant, à peine sur place, que c'est un bordel mal organisé.
le voyageur-représentant-placier, arrive en déconnant, s'adressant à tout le monde, emmitouflé par le haut dans un coupe-vent, et les jambes à l'air sous son short plein de fermetures eclair, les chaussettes blanches dans les nu-pied. il est sympa, avec son numérique, prenant des photos de tout le monde.
tiens, voila la gamine jeune-fillisée par sa mere qui lui donne le look de ce qu'elle aurait voulu etre, avec les moyens qu'elle n'a pas.
et là, le vieux beau, la soixantaine athlétique, le cheveux blanc, le t-shirt noir en taille S, pour bien faire ressortir les muscles et pectoraux qu'il entretient febrilement à la muscu, et le pantalon blanc avec ceinture lacoste. l'apres-midi, il a été sur la plage, faire un volley, en maillot de bain ultra court et moulant avec des jeunes bellâtres.
un couple jeune. elle passe, robe à fleur en liberty et petit blazer marine, tirant nerveusement sur une cigarette en évitant precautionneusement d'avaler la fumée, l'air méprisante de la timide mal à l'aise. elle est suivie de son mari qui pousse le bébé dans le baby-relax à grosses roues, comme son 4X4 de ville qui n'a jamais vu l'herbe. il a des lunettes fines de jeune cadre en devenir, courant apres un plan de carriere qui le fuira jusqu'au divorce.
tiens, pourquoi les conducteurs de BMW de moins de 50 ans ont toujours une casquette blanche dont on n'apperçoit que le sommet à travers les vitres fumées ?
mais voilà l'instituteur! enfin il veut ressembler à un instituteur, les lunettes lourdes et sérieuses, le short aussi ridicule que les autres, le t-shirt breton, faisant la morale à grand coup de phrases peremptoires et ridicules, à sa marmaille ahurie (ébaubie), suivie de son épouse soumise et indolente qui cramponne le mouchoir familial et le nounours du petit dernier.
une femme grande, la cinquantaine cinglante lui a durci les traits. elle toise le monde qui l'entoure, comme s'il était à ses pieds. cet hermétisme de façade ne cache-t-il pas un sentiment d'echec: j'aurais aimé aimer, mais je me le suis interdit, et je me retrouve là, comme une conne avec un avenir qui me tourne le dos, completement dégouté.
et puis cette dame à la soixantaine interdite, le verbe haut, les seins hauts jaillissant d'un corsage dont la transparence cache à peine les fletrissures. mais tout tombe, madame, tout tombe, y compris vos illusions sur l'eternelle jeunesse.
et quelques couples de personnes agées, touchants dans leur solitude, qui se tiennent et se soutiennent, pour aller au bout de la jetée ou plus personne ne les attend. ils m'attendrissent, et finalement, je les envie.
et puis, pour finir, ce type, grand, blond, maigre, mais au regard plein du sens de la vie, avec qui nous avons echangés quelques mots décousus, sa femme dynamique et participante, accompagnés de leur fils et de deux jeunes petites noires adorables. nous nous sommes souhaité bon retour et bonnes vacances, retournant tous dans notre annonymat. une rencontre sans lendemain. dommage....

si vous vous etes reconnus dans ces portraits, sauf les derniers, tant pis pour vous!

18 août 2005

Vacances, deux!

bon, je repars en vacances 8 jours en vendée.

en attendant, je vous recommande vivement la visite du blog de goran , estonien venu en france qui vous raconte sa vie dans un français approximatif mais néanmoins amusant.

ah oui, ne prenez pas tout à la lettre, mais dites vous bien que ça peut exister.

à la semaine prochaine!

10 août 2005

La cuisine de Socrate

"reclamons des questions qui rendent intelligent plutot que des affirmations péremptoires"

cette phrase admirable est d'hervé This, chercheur en cuisine moléculaire. il cherche des recettes de cuisine en examinant le comportement moléculaire des ingrédients, ce qui donne des résultats assez surprenant. et hervé this ecrit dans des revues. j'aime ien le lire, car il le fait de façon simple, tres comprehensible par le clampin moyen et aborde les sujets avec humilité et philosophie. et cette phrase est pleine de sens. elle est tres socratique. nous ne savons rien, il faut poser des questions plutot que d'affirmer. (cette phrase est contradictoire car j'affirme qu'il faut poser des questions!). toute la philosophie de socrate est contenu dans cette phrase. certaines écoles pratiquent un enseignement socratique. le prof n'affirme rien, il pose des questions, et ce sont les eleves qui reflechissent et répondent. j'avoue que je suis assez partisan de ce type d'enseignement. mais cela peut aussi s'appliquer à la vie courante. dans un roman de théodore Sturgeon, il y avait une expérience de ce type: on vous raconte avoir vu un homme sauter sur une femme, et la battre sur tout le corps apres l'avoir couché sur le trottoir. vous dites que ce type est fou ou salaud. mais si vous vous demandez pourquoi il l'a fait, on vous répondra que cette femme était prise dans un incendie et que le type frappait pour eteindre les flammes. ce type n'est pas un salaud, mais un sauveteur. la question qu'il fallait se poser était fondamentale.

et dernierement, j'ai vu un conflit sur le net entre deux personnes. Estelle, celle des bisous sucrés, qui a fermé successivement deux blogs car elle était assaillie dans les commentaires par un type. ce type possede un blog sur blogspirit, et dans une note a défendu un humoriste dont les propos étaient controversés. estelle a réagi. j'aime eaucoup estelle, et je ne fais pas de cadeau aux gens que j'aime. alors estelle, tu aurais du te poser les véritables questions. sur le sens de sa note, pas faux du tout, sur l'humoriste et ce qu'il avait vraiment dit, sur ce que les journalistes ont présenté. mais là ou le bât lesse, c'est que le type en a voulu à estelle et qu'il l'a poursuivi, sans lui meme se poser les questions, sur estelle, sur son état d'esprit, et surtout sur son état de femme enceinte. ces propos qu'ila voulu presenter comme de l'humour étaient imbéciles, et son insistance sans fondement. il n'a pas voulu comprendre, pas chercher à comprendre, en appliquant les memes methodes qu'il reproche aux journalistes. si sa reflexion sur la deformation des propos était entierement juste, il aurait du lui meme se l'appliquer. du coup, à force d'affirmer, il n'a pas été socratique. et Estelle a fermé ses deux blogs.

navrant

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